L’édition du génome, eugénisme ?

Ecrit par KapTech

3 octobre 2021

Depuis le début des années 90, les découvertes dans le domaine de la génétique sont fulgurantes. De la lecture intégrale des bases de l’ADN humain, nous en sommes arrivés à une possibilité de modifier celui-ci. Le genome editing est révolutionnaire. Se posent cependant un certain nombre de questions. Sommes-nous systématiquement astreints à profiter des nouvelles technologies scientifiques juste parce qu’elles existent ? L’édition du génome est-il une nouvelle forme d’eugénisme ? Comme le dit Jeff Goldblum dans Jurassic Park « Le pouvoir génétique est la force la plus terrible que la planète ait connue, mais vous la maniez comme un enfant qui a trouvé le flingue de son père !”

Les technologies à la disposition du monde moderne permettent de réaliser des miracles. Aujourd’hui, grâce à la technique “CRISPR-Cas9”, il est possible de modifier l’ADN de l’embryon pour éviter certaines maladies héréditaires. 

Afin d’éditer ces génomes, on peut modifier deux types de cellules ; les cellules somatiques, qui ont un lien avec un endroit donné de l’organisme et les cellules germinales, qui concernent les cellules reproductrices. Cela consiste en la modification des gènes porteurs d’informations génétiques. Cela permet qu’ils soient répliqués dans l’ensemble des cellules créées après cette modification.

 Dans le cas de modifications de la lignée somatique, il n’y a pas de gros impact éthique… Cependant, l’édition génomique de cellules germinales est problématique. En effet, les modifications peuvent être transmises aux générations futures. Or, nous ne connaissons en aucun cas la volonté de nos descendants. Ici, nous entrons donc dans un débat qui se rapporte au consentement. Ne serait-ce donc pas une question relative à l’éthique ? 

Outre le consentement de nos héritiers, il se pose un autre problème encore plus prenant : ne serions-nous pas en train de faire de l’être humain des Sims ou encore des OGM comme nos jolis fruits et fleurs ? Dans ce cas, on se rapproche fortement d’un eugénisme assumé qui supprimerait toute la complexité, la diversité et la spécificité de l’être humain ainsi que ses fragilités. Or, n’est-ce pas le noyau de la richesse de celui-ci ? Voulons-nous vraiment vivre dans un monde de clones ?

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